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Déclaration de domicile au registre du commerce : la déclaration du domiciliataire

La déclaration de domicile au registre du commerce est la pièce que doit fournir une société dont l'adresse n'est qu'une adresse de domiciliation. Voici ce qu'elle atteste, quand elle est exigée et ce que l'office contrôle.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil juridique ou fiscal pour une situation particulière.

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Dans cette page
  1. Siège, domicile, adresse : trois notions à ne pas confondre
  2. À quoi sert la déclaration du domiciliataire
  3. Quand l'office la réclame de lui-même
  4. Domiciliation, c/o et locaux propres : ce que le registre voit
  5. Les autres adresses que vous pouvez faire inscrire
  6. Changement de domicile ou de domiciliataire
  7. Et du côté des frais d'inscription ?
  8. Les gestes à accomplir avant de déposer la réquisition
  9. Questions fréquentes

La déclaration de domicile au registre du commerce, que la pratique appelle aussi « déclaration du domiciliataire », intervient dès qu'une entité n'a pas de locaux propres à l'adresse qu'elle veut faire inscrire. Elle permet à l'office du registre du commerce de savoir que l'adresse est celle d'un tiers qui accepte d'accueillir la société, et non une simple boîte sans lien avec l'entité. Ce guide explique à quoi elle sert, dans quels cas elle est demandée et comment elle s'articule avec le siège, le domicile et les autres adresses inscrites.

Siège, domicile, adresse : trois notions à ne pas confondre

L'ordonnance sur le registre du commerce (ORC) distingue des notions que l'on mélange souvent dans le langage courant. Cette distinction est la clé pour comprendre pourquoi une déclaration est parfois nécessaire.

Notion Ce qui est inscrit Exemple de forme
Siège Le nom de la commune politique Genève, Carouge, Lausanne
Domicile L'adresse complète (rue, numéro, NPA, localité) à laquelle l'entité peut être jointe à son siège Une rue et un numéro dans la commune du siège
Adresse supplémentaire Une autre adresse en Suisse : adresse de liquidation, case postale Une case postale

Le domicile peut être l'adresse de l'entité elle-même ou celle d'un tiers : on parle alors d'adresse de domiciliation (art. 117 al. 1 et 2 ORC). Si vous découvrez le sujet, la page sur la définition de la domiciliation d'entreprise pose le vocabulaire, et celle sur le domicile légal d'une société suisse détaille ce que le registre attend d'un domicile.

À quoi sert la déclaration du domiciliataire

Lorsque l'entité ne dispose que d'une adresse de domiciliation comme domicile, une déclaration du domiciliataire doit être jointe à la réquisition d'inscription. Cette exigence est posée à l'art. 117 al. 3 ORC et rappelée, pour la SA, parmi les pièces justificatives de l'art. 43 al. 1 let. g ORC.

Concrètement, le document est établi par la personne ou la société qui met l'adresse à disposition. Il matérialise trois idées :

  • le domiciliataire connaît l'entité et accepte qu'elle utilise son adresse comme domicile ;
  • l'entité peut effectivement y être jointe, c'est-à-dire que les envois officiels lui parviendront ;
  • l'adresse inscrite correspond à une réalité, ce qui protège les tiers qui doivent notifier un acte à la société.

La déclaration ne remplace ni le contrat de domiciliation, ni les contrôles d'identité que le domiciliataire effectue de son côté. Pour ce volet, voyez la page consacrée au KYC et à la LBA dans la domiciliation.

Quand l'office la réclame de lui-même

Une entité qui omet de déclarer sa situation ne passe pas toujours inaperçue. Selon l'art. 117 al. 4 ORC, lorsque les circonstances donnent à penser que le domicile annoncé n'est qu'une adresse de domiciliation non déclarée comme telle, l'office somme l'entité de produire :

  • soit la déclaration du domiciliataire ;
  • soit les pièces justificatives d'une adresse propre, par exemple un bail ou un extrait du registre foncier.

Des indices courants amènent l'office à s'interroger : une adresse manifestement partagée par de nombreuses entités, un immeuble sans lien apparent avec l'activité, un courrier officiel retourné à l'expéditeur. L'entité a alors le choix de régulariser en produisant l'une ou l'autre pièce. Mieux vaut donc déclarer la domiciliation dès le départ que d'être sommé de le faire après coup.

L'adresse inscrite comme domicile est-elle celle de locaux dont l'entité dispose elle-même ?

Oui
Aucune déclaration n'est nécessaire ; l'office peut toutefois demander un bail ou un extrait du registre foncier en cas de doute.
Non

L'adresse est-elle celle d'un tiers qui vous accueille comme domiciliataire ?

Oui
Une déclaration du domiciliataire doit accompagner la réquisition d'inscription.
Non
Clarifiez d'abord la situation, car le registre exige une adresse à laquelle l'entité peut réellement être jointe.
Faut-il joindre une déclaration du domiciliataire ?

Domiciliation, c/o et locaux propres : ce que le registre voit

Le registre n'inscrit pas une catégorie « bureau virtuel » ou « coworking ». Il retient une adresse et, le cas échéant, la mention d'un tiers. Dans la pratique, l'inscription peut comporter une mention « c/o » suivie du nom du domiciliataire ; la page sur l'adresse c/o en explique la portée. Selon la solution choisie (bureau virtuel, espace partagé, local loué), la preuve du lien avec l'adresse n'est pas la même :

Critère Locaux propres Adresse chez un domiciliataire
Pièce à fournir au registre Pas de déclaration ; bail ou extrait du registre foncier si l'office doute Déclaration du domiciliataire
Qui atteste du lien avec l'adresse L'entité, par son titre d'occupation Le tiers qui l'accueille
Réaction de l'office en cas d'indice de domiciliation non déclarée Sans objet si les locaux sont réels Sommation de produire la déclaration ou une adresse propre
Point de vigilance Que les locaux correspondent bien à l'adresse inscrite Que l'entité puisse être jointe et que le contrat soit en vigueur

Pour comparer les formules entre elles avant de vous engager, consultez le comparateur de solutions. Si l'idée est d'établir le siège à votre propre adresse privée, la page sur domicilier son entreprise chez soi en présente les conditions.

Les autres adresses que vous pouvez faire inscrire

En plus du siège et du domicile, une entité peut demander l'inscription d'autres adresses en Suisse, comme une adresse de liquidation ou une case postale (art. 117 al. 5 ORC). Ces mentions complètent l'inscription ; elles ne dispensent pas de disposer d'un domicile où l'entité peut être jointe. Une case postale n'est donc pas, à elle seule, une solution de domiciliation : la page sur la boîte aux lettres d'entreprise revient sur ce que l'on attend d'une adresse en pratique.

Changement de domicile ou de domiciliataire

La déclaration n'est pas un document qui se périme tout seul, mais elle reflète une situation à un instant donné. Plusieurs événements doivent amener l'entité à se poser la question du registre :

  1. Changement de domiciliataire dans la même commune : le domicile inscrit change, il faut le modifier au registre et joindre une nouvelle déclaration si l'adresse reste une adresse de domiciliation. La page sur le changement de domiciliataire détaille cet enchaînement.
  2. Transfert du siège vers une autre commune ou un autre canton : l'entité requiert son inscription au nouveau siège ; l'office du nouveau siège est compétent, il informe l'office de l'ancien siège, qui radie sans nouvel examen, les deux inscriptions étant faites le même jour (art. 123 al. 1 et 3 et art. 124 al. 1 et 2 ORC). Le nouveau domicile suit les mêmes règles que ci-dessus.
  3. Fin du contrat de domiciliation : l'entité doit trouver une autre adresse et la faire inscrire, faute de quoi elle ne dispose plus d'un domicile où elle peut être jointe.

Pour un transfert de siège en Suisse, une personne morale produit la décision de modification des statuts et un exemplaire attesté conforme des nouveaux statuts si ceux-ci doivent être modifiés, ainsi que les signatures légalisées des requérants (art. 123 al. 2 ORC). Pour une Sàrl, le transfert du siège exige une décision de l'assemblée des associés recueillant au moins deux tiers des voix représentées et la majorité absolue du capital social pour lequel le droit de vote peut être exercé (art. 808b al. 1 ch. 10 CO). Le sujet est développé dans le guide sur le transfert de siège.

Et du côté des frais d'inscription ?

L'ordonnance sur les émoluments en matière de registre du commerce fixe un émolument de 30 CHF pour l'inscription, la modification ou la radiation du domicile ou d'une adresse supplémentaire d'une société de capitaux (annexe, ch. 1.3). Les émoluments de publication dans la FOSC sont compris dans les émoluments d'inscription : il n'y a pas de frais de publication séparés pour ces inscriptions (OFOSC, annexe 2, ch. 2). D'autres émoluments peuvent s'ajouter selon le contenu de la réquisition, et le tarif dépend de la forme juridique ; l'office applique le tarif en vigueur au moment de l'inscription.

Les gestes à accomplir avant de déposer la réquisition

Avant de transmettre le dossier à l'office, quelques vérifications évitent un renvoi pour complément :

  • Confirmer que l'adresse est bien une adresse de domiciliation (et non des locaux dont vous disposez) ;
  • Obtenir du domiciliataire la déclaration dans la forme attendue par l'office ;
  • Vérifier que l'adresse indiquée comporte la rue, le numéro, le NPA et la localité ;
  • Contrôler que la commune du siège correspond bien à la commune de l'adresse ;
  • Vérifier que les statuts mentionnent le même siège que la réquisition ;
  • Conserver le contrat de domiciliation pour répondre à une éventuelle demande de l'office.

La checklist de domiciliation reprend l'ensemble de ces points, et le guide pour choisir un domiciliataire aide à repérer les critères à vérifier avant de signer. À l'inverse, une adresse choisie uniquement pour son image ne règle rien si elle ne répond pas à ces exigences ; la page sur la domiciliation de complaisance explique les risques d'une adresse qui n'a aucun lien réel avec l'entité.

Questions fréquentes

La déclaration du domiciliataire est-elle obligatoire pour toutes les sociétés ?

Elle est exigée dès que l'entité n'a qu'une adresse de domiciliation comme domicile. Pour la SA, elle figure expressément parmi les pièces de l'art. 43 al. 1 let. g ORC. Si l'entité dispose de locaux à son propre nom, la question ne se pose pas de la même manière, même si l'office peut demander un bail ou un extrait du registre foncier en cas de doute.

Qui doit établir la déclaration ?

Elle émane de la personne ou de la société qui met l'adresse à disposition, donc du domiciliataire. L'entité qui requiert l'inscription la joint à sa réquisition. La forme précise attendue peut varier légèrement d'un office à l'autre : il est prudent de s'informer auprès de l'office compétent ou de votre conseiller.

Que se passe-t-il si l'office estime que mon adresse est une domiciliation non déclarée ?

Il vous somme de produire soit la déclaration du domiciliataire, soit les pièces justificatives d'une adresse propre, comme un bail ou un extrait du registre foncier (art. 117 al. 4 ORC). Vous régularisez alors la situation en fournissant l'une de ces pièces dans le délai fixé par l'office.

La déclaration doit-elle être refaite si je change d'adresse ?

Un nouveau domicile fait l'objet d'une modification au registre. Si la nouvelle adresse est elle aussi une adresse de domiciliation, une déclaration correspondante doit être jointe. Si vous changez de commune, il s'agit d'un transfert de siège, avec les pièces et la procédure décrites ci-dessus.

Une case postale peut-elle tenir lieu de domicile ?

Non, pas à elle seule. L'ORC permet d'inscrire une case postale comme adresse supplémentaire, mais le domicile reste l'adresse à laquelle l'entité peut être jointe à son siège. La case postale complète donc l'inscription, elle ne la remplace pas.

Le nom du domiciliataire apparaît-il au registre du commerce ?

L'inscription peut mentionner l'adresse d'un tiers, souvent avec une indication « c/o ». Le contenu exact de ce qui est publié dépend de la réquisition et de la pratique de l'office. Une analyse du cas concret permet de savoir ce qui sera inscrit pour votre forme juridique et votre canton.

La déclaration du domiciliataire suffit-elle à prouver une réelle activité en Suisse ?

Non. Elle atteste que l'entité peut être jointe à l'adresse inscrite, pas qu'elle y exerce une activité ou qu'elle dispose d'une présence économique. Selon la fiscalité applicable, d'autres exigences peuvent entrer en jeu : un conseiller peut les examiner avec vous.

Sources

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